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About Literature / Professional Claytone CarpeFemale/France Recent Activity
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Le dechet deuxieme partie
Le chasseur était content de sa trouvaille. La bestiole était jeune et malléable. Il en ferait vite une bête docile. Ragaillardit par sa fructueuse journée, il s’arrêta en passant devant la maison close, hésitant. Il regarda son sac de peau puant, où le chiot se débattait timidement de temps à autre, puis l’entrée du bordel. Il avait quand même grande envie d’aller tâter du cul et de distribuer quelques branlées. Son fardeau sur l’épaule, il poussa la porte.
Dès son entrée il y eut moult mouvements furtifs dans la salle. Toutes les prostituées le connaissaient et aucune ne voulait être l’heureuse élue de ses attentions. Il devait payer un supplément pour avoir le droit de cogner, mais ça en valait la peine, les entendre couiner et pouvoir admirer leur visage couvert de larmes et de sangs, était jouissif. Dès qu’il aperçut la ma
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Literature
Le dechet - premiere partie
De son couteau de dépeçage à lame courbée, il déchira adroitement la peau de sa victime pour la décoller de la chair sur tout le flanc de la bête. Le canidé, encore vivant, tressaillit en couinant lamentablement sous la torture. Il ne pouvait rien faire d’autre que gémir piteusement, il était presque mort. Le chasseur aurait pu l’achever, mais perdre une balle supplémentaire par commisération n’était pas dans sa nature. Ce n’était qu’un animal après tout.
Avant d’être cet amoncellement de chair et de peau, cela avait été son chien, mais ce dernier avait attrapé une proie de trop sans partager avec son maître et avait payé les conséquences de son égoïsme malavisé.
Dès que l’entaille fut suffisamment longue et profonde, le chasseur attrapa la peau du chien avec les doigts tout en tenant les pattes arrières de l
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Literature
L'antilope et l'archer - Episode trois
Ils avaient installé leur bivouac non loin d’un petit étang, et l’envie d’aller se laver poussa Mohanä à partir inspecter la zone pendant que Lowen, éclipsé depuis un moment, devait courir la forêt en quête de baies ou de champignons, du moins le pensait-elle.
Lorsqu’elle arriva sur la berge, elle entendit des clapotis. Lowen était en train de nager en direction de la rive. Elle recula lentement, s’apprêtant à faire demi-tour discrètement, lorsqu’il l’interpella.
– Mohanä, attends, ne t’en va pas. J’allais sortir de toute façon.
La métamorphe, un petit sourire en coin, ne lui révéla pas que c’était justement sur cette conjecture qu’elle avait tenté de s’éclipser. Elle se rapprocha toutefois de la rive, observant son compagnon de voyage à la dérobée. Lorsqu’il sortit de l’eau, ell
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Quand le coyote sert de dessert au loup-garou.
Je détalais avec frénésie sous les frondaisons pour échapper à mon assaillant. Les branchages des buissons fouettaient ma fourrure sans m’écorcher la peau. J’avais le pelage dru, nous étions au plein cœur de l’hiver, le jour de Noël. Je haletais maintenant, il courait vite mais moi aussi. Je glapis en entendant le prédateur se rapprocher dangereusement et bondis en souplesse par-dessus l’obstacle qui venait d’apparaître devant moi, un tronc coucher couvert de neige glacée, entravait la sente de cariacou que j’avais emprunté pour lui échapper.
 
L’instant suivant, je déboulais la pente neigeuse. Il m’avait rattrapé et nous faisions un roulé bouler chaotique. Il grogna, je glapis et nous arrivâmes au pied de l’escarpement, couvert de poudreuse, la pointe des poils raidis par le froid. Une fois en bas, il se jeta sur moi. J’aboyai et te
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L'antilope et l'archer - Episode deux
Le campement des mercenaires, enclavé entre deux parois rocheuses impraticables et fort peu commodes pour une fuite précipitée, n’avait pour seule issue convenable, la forêt. Ces soudards faisaient partie du groupe qui l’avait attrapé, maltraité et poursuivit le jour où Mohanä avait enfin réussit à échapper à leurs griffes. C’était Lowen, l’archer, qui l’avait sauvé et lorsqu’il l’avait informé qu’il avait un compte à régler avec eux, elle s’était proposé pour faire diversion et être de nouveau leur proie le temps qu’il se mette à l’abri après avoir effectué son larcin. Après tout, personne ne courait plus vite qu’une euchore.
Pour les attirer à elle, plutôt qu’il ne soit tenté de suivre Lowen et son butin, elle avait commencé sa fuite sous forme humaine, frêle et ex
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Literature
L'antilope et l'archer - Episode un
Mohanä ouvrit des yeux rouges d’épuisement. Je me suis assoupie. Quelle idiote ! Elle regarda autour d’elle, inquiète, l’ouïe aux aguets et le cœur palpitant. Pas un bruit. Elle se pencha légèrement, quittant le réconfort du tronc dans son dos, puis baissa la tête sur la blessure à sa cuisse, causée par une flèche. Elle suppurait et une odeur âcre s’en échappait. Lasse, elle reposa la tête contre l’écorce de l’arbre et ferma de nouveau les yeux, prise de lassitude. Autant les attendre et en finir une bonne fois pour toutes. De toute façon elle n’arriverait pas à leur échapper. Elle était harassée et sa jambe pouvait à peine la soutenir. En tant que métamorphe, elle guérissait en général plus aisément que les humains, or là, la blessure était toujours ouverte et purulente. Elle se bai
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Literature
Histoire de dragonne
Valhénä, la belle dragonne émeraude aux reflets azurites, dissimulée derrière l’abondante végétation, se prélassait avec indolence en bordure d’une petite clairière longeant un cours d’eau apathique. Elle avait faim, n’ayant rien avalé depuis près d’une lune, mais l’affût prolongé et la délicieuse brûlure du soleil sur ses écailles, avaient engourdi ses sens, la rendant somnolente.
Un léger bruissement attira son attention. Elle ouvrit un œil cuivré, perçant, brillant d’intelligence et étincelant de reflets ambrés, mais c’est son odorat qui, en premier, l’informa de la présence d’une proie. Un daguet. Elle flaira doucement l’air, évitant de bousculer les hautes herbes sèches pour ne pas les inciter à jouer entre elles leur doux cliquetis susceptible d’avertir l’alléchante cr
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Literature
Petits clins d'oeil
Le chat Pardtou se mit en garde, prenant son air le plus féroce et sa pause la plus cérémoniale, bras tendu, fleuret en main. Le soldat visé éclata d’un rire sonore et grave et pointa le chat de son gros doigt sale en se tenant les côtes. Plié en deux, n’arrivant pas à reprendre son souffle sous son l’hilarité, il réussit à lancer entre deux fous rires :
– Un chat avec une rapière et des bottes. Ha ! Ha ! Ha !
Pardtou, vexé au plus haut point par le comportement insolent de cet ignoble soldat mal léché, partit à l’assaut, se jeta sur ce dernier, lui entailla la jambe gauche, le bras droit et atterrit d’un bond rapide et souple sur son casque. Le soldat qui avait cessé de rire dès la première entaille, leva rageusement les bras pour attraper la sale bestiole. Trop tard, Pardtou était déjà loin.
– Attrapez-le
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ClaytoneCarpe
Claytone Carpe
Artist | Professional | Literature
France
Si je ne puis réellement me qualifier d’auteure,
n’ayant encore point d’éditeur pour l’affirmer,
je reste tout de même, au plus profond mon être,
une écrivaine.

www.facebook.com/Claytone-Carp…

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Le chasseur était content de sa trouvaille. La bestiole était jeune et malléable. Il en ferait vite une bête docile. Ragaillardit par sa fructueuse journée, il s’arrêta en passant devant la maison close, hésitant. Il regarda son sac de peau puant, où le chiot se débattait timidement de temps à autre, puis l’entrée du bordel. Il avait quand même grande envie d’aller tâter du cul et de distribuer quelques branlées. Son fardeau sur l’épaule, il poussa la porte.

Dès son entrée il y eut moult mouvements furtifs dans la salle. Toutes les prostituées le connaissaient et aucune ne voulait être l’heureuse élue de ses attentions. Il devait payer un supplément pour avoir le droit de cogner, mais ça en valait la peine, les entendre couiner et pouvoir admirer leur visage couvert de larmes et de sangs, était jouissif. Dès qu’il aperçut la maquerelle, il lâcha sa gibecière qui atterrit au sol sur un bruit mat, suivit d’un glapissement douloureux. La matrone leva la tête, se renfrognant en voyant qui était le client, puis d’un regard embrassa la salle pour voir si elle distinguait une de ses filles. Toutes avaient subitement trouvé mieux à faire.

– Tu veux qui ?

Demanda-t-elle, peu amène.

– La grosse Dolly.

Aussitôt un couinement malheureux retentit, à l’autre bout de la salle, dans l’un des étroits couloirs.


– Dolly, sauve-toi. Tu n’es pas obligée d’y aller. S’il ne te trouve pas il en prendra une autre.

Sanglota Fanny, sa meilleure amie. Tout comme Dolly, Fanny était déjà passée sous les mains du chasseur, elles savaient donc toutes deux ce qui attendait son amie. Mais avant que Dolly puisse suivre ses conseils, une main brutale s’abattit sur son épaule. Elle cria de peur en sursautant.

– Allez, vient là ma belle. J’ai déjà payé ta patronne.

Le chasseur prit la main de Dolly dans sa grosse poigne ferme et collante, toujours poissée du sang de son chien qu’il avait tué puis dépecé, pas réellement dans cet ordre d’ailleurs, quelques heures plus tôt, et la traîna derrière lui, tout en gardant sur l’épaule le sac qui glapissait régulièrement en s’agitant.

Dolly jeta en arrière un regard résigné et vit Fanny, couverte de larmes, voyant son amie ainsi choisie.


Dès que la porte fut fermée, Fanny s’approcha craintivement. Si elle avait le courage, elle entrerait et tuerait ce déchet, mais voila, Fanny était comme toutes les autres, trop faible pour agir à sa guise et faire de ses actes des évènements admirables. Non. Fanny, comme toutes les autres, ne savait que fléchir l’échine sans broncher et subir le joug des plus forts sans trop crier. Plus elles criaient et plus les brutes cognaient.

Fanny sursauta, elle venait d’entendre, à travers la porte, le bruit d’une gifle et les pleurs de Dolly commencer.

Tout en exécutant les cents pas devant la chambre, se faisant un sang d’encre pour son amie qu’elle entendait glapir de douleur ou couiner de frayeur sous les coups de poings et de hanches de son client, Fanny aperçut Lame entrer dans l’établissement. C’était comme ça que toutes l’appelaient ici, Lame. Et d’une, elle n’avait jamais voulu donner son vrai nom et de deux, elle poignardait tous ceux qui lui cherchaient noise, même un tout petit peu.


Lame avait le visage dissimulé sous son couvre-chef défraîchi et profondément enfoncé sur sa tête, dissimulant ainsi ses yeux dès qu’elle baissait légèrement le menton, lui conférant un air encore plus féroce. Sa longue redingote râpée et élimée, d’un sombre vert terne, lui arrivait aux mollets et claquait sur son pantalon, tout aussi usé, comme une voile mal arisée, accentuant encore son charisme naturel alors que ses armes, son sabre court et son poignard, soulignaient avec assurance sa taille svelte et musclée.

La présence naturellement menaçante et curieusement réconfortante de la sabreuse, donna à Fanny une lueur d’espoir. Elle dévala les marches et se jeta dans ses bras.

– Lame, le chasseur est avec Dolly.

Lame souleva légèrement son chapeau de chanvre déformé du bout du doigt et leva les yeux en direction de l’étage. Un cri et des pleurs retentirent, étouffant les ahanements pourtant bruyants de l’homme.

– J’entends ça.

– Lame, tu dois le tuer. Tues le chasseur pour nous.

– Ça ma p’tite, c’est une mauvaise idée. C’est un malade ce gars, même moi je ferais pas le poids face à c’déchet.

– S’il te plaît Lame, je te donnerai tout ce que j’ai.

Lame, qui avait posé une main tendre sur la hanche de Fanny lorsque cette dernière s’était jetée dans ses bras, la regardait avec une lueur chagrine, les sourcils froncés et un rictus contrarié à la commissure de ses lèvres.

– J’voudrais bien chérie, j’te jure, mais une lame ne suffira pas face au chasseur.

Fanny se pencha alors plus avant, rapprochant ses lèvres de l’oreille de la sabreuse et murmura.

– Je sais où la patronne cache son pistolet à silex.

– Vrai ?

Lança Lame, intriguée, affichant enfin son redoutable sourire mutin.


 

© Claytone Carpe 2018

De son couteau de dépeçage à lame courbée, il déchira adroitement la peau de sa victime pour la décoller de la chair sur tout le flanc de la bête. Le canidé, encore vivant, tressaillit en couinant lamentablement sous la torture. Il ne pouvait rien faire d’autre que gémir piteusement, il était presque mort. Le chasseur aurait pu l’achever, mais perdre une balle supplémentaire par commisération n’était pas dans sa nature. Ce n’était qu’un animal après tout.

Avant d’être cet amoncellement de chair et de peau, cela avait été son chien, mais ce dernier avait attrapé une proie de trop sans partager avec son maître et avait payé les conséquences de son égoïsme malavisé.

Dès que l’entaille fut suffisamment longue et profonde, le chasseur attrapa la peau du chien avec les doigts tout en tenant les pattes arrières de l’animal et tira un grand coup sec pour décoller la peau de la chair. Le chien eut un dernier soubresaut accompagné d’un glapissement de souffrance, avant de pousser son dernier souffle, soulagé de quitter cette vie de misère qui ne lui avait apporté que souffrance, faim et mépris en récompense d’une servitude docile. Ainsi allait la vie des créatures asservies par les deux-jambes.


Après avoir tendu la peau de son chien pour la faire sécher, il s’occupa de découper la chair pour la stocker. Une fois son travail achevé, le chasseur se rengorgea lui-même d’avoir si bien travaillé. Il aurait de quoi manger pour plusieurs jours et pourrait prendre un peu de temps pour se divertir à la maison close. Rien qu’à l’idée de pouvoir se défouler sur les putes, il sentit son pantalon le serrer.

Son sac sur le dos, le chasseur descendit la pente rocheuse qui le mènerait jusqu’au village où il avait l’intention d’acheter un chiot suffisamment jeune pour être maté convenablement et en faire une vraie chose servile.


– Ben c’est qui m’reste plus qu’ce clebs m’sieur. Ouais, mais r’gardez, il est solide. J’ai vendu tous les autres au marché ces derniers jours. R’garder ma belle comme elle est robuste, elle fait que de costauds corniauds, vous s’rez pas déçu. Elle est un peu maigre là, trop de p’tiots à allaiter et pas assez de proies chassées. Vous savez comment qu’c’est, hein ? Voudriez pas non plus que j’la nourrice. Elle a tous les rongeurs qui traînent dans l’étable, à bouffer, faut juste qu’elle bouge son cul d’là.

L’agriculteur avait posé le chiot sur la table, juste à côté de la chope de bière éventée que la femme, au regard apeuré et fuyant, avait serviablement offert pendant que les hommes discutaillaient tranquillement affaire. Le chiot était minuscule. Ses oreilles duveteuses lui tombaient de chaque côté et rebondissaient au moindre de ses mouvements joueurs. Il était d’une belle couleur écrue, avec de grands yeux noirs brillants, pétillants de cette joie que seuls les jeunes pouvaient avoir, avant de connaître la vraie vie.


La petite créature, qui avait perdu tous ses frères et sœurs, s’ennuyait de ne plus pouvoir courir et jouer avec eux. Maman avait beaucoup gémit d’être séparée de ses petits pas encore sevrés. Mais elle disait que c’était comme ça à chaque fois et que ceux qui ne trouvaient pas maître rapidement se retrouvaient noyés par le paysan.

Alors, lorsque le deux-jambe de la maison l’avait attrapé par la peau du cou, le chiot avait couiné de terreur, mais maintenant qu’il était sur la table, il en oubliait toute prudence. Les deux-jambes ne cessaient de le scruter avec insistance et il se dit qu’ils voulaient peut-être jouer avec lui. Il frétilla de la queue, ce qui le déstabilisa un instant sur ses pattes encore instables, et s’approcha de l’inconnu, la langue pendante de malice, et se mit à lui lécher les doigts pour l’inciter à venir jouer avec lui. Le deux-jambes lui répondit en lui administrant un violent coup du revers de la main, l’envoyant valdinguer au bort de la table. Le chiot battit frénétiquement des pattes, griffant le bois, dans l’espoir de ne pas tomber, mais son arrière-train était déjà dans le vide. Son propre poids l’entraîna vers le bas et il chut au pied de la table, couinant de douleur en se réceptionnant mal sur le flanc.

Le chiot glapit en se remettant sur ses quatre pattes pataudes, espérant décamper rapidement pour se cacher dans un coin sombre, mais une large poigne lui agrippa de nouveau la peau du dos. Il fut sitôt jeté sans ménagement dans un sac puant la charogne et la mort. Il glapit, se débattit et reçut en retour un violent coup qui le fit sitôt se tenir tranquille.

 


© Claytone Carpe 2018

Ils avaient installé leur bivouac non loin d’un petit étang, et l’envie d’aller se laver poussa Mohanä à partir inspecter la zone pendant que Lowen, éclipsé depuis un moment, devait courir la forêt en quête de baies ou de champignons, du moins le pensait-elle.

Lorsqu’elle arriva sur la berge, elle entendit des clapotis. Lowen était en train de nager en direction de la rive. Elle recula lentement, s’apprêtant à faire demi-tour discrètement, lorsqu’il l’interpella.

– Mohanä, attends, ne t’en va pas. J’allais sortir de toute façon.

La métamorphe, un petit sourire en coin, ne lui révéla pas que c’était justement sur cette conjecture qu’elle avait tenté de s’éclipser. Elle se rapprocha toutefois de la rive, observant son compagnon de voyage à la dérobée. Lorsqu’il sortit de l’eau, elle baissa vivement la tête, soudain très gênée, et se retourna pour scruter les frondaisons comme si ces dernières recelaient quelques merveilles bien cachées. Elle l’entendit rire derrière elle, très amusé par sa réaction.

– C’est bon, tu peux te retourner, je suis décent.

Il était torse nu, n’ayant enfilé que son pantalon, et contemplait les eaux calmes, assis sur un rocher.

– C’est paisible ici.

Murmura-t-il. Mohanä s’apprêtait à répondre lorsqu’elle aperçut les longues cicatrices recouvrant le dos de l’archer. Un hoquet de stupeur lui échappa et il se retourna pour voir ce qui l’avait ainsi perturbé. Il grogna en comprenant, mais se replongea dans la contemplation du paysage.

– Excuse-moi.

Souffla-t-elle, rouge de honte.

– C’est du passé.

Répondit-il, stoïque, sa placidité néanmoins envolée. Elle s’avança et effleura du bout des doigts les stigmates qui creusaient, par endroits, de profonds sillons dans la chair. Il se raidit sous le contact, mais ne bougea pas.

– Ça te fait toujours mal ?

– Pas physiquement.

Ce qui sous-entendait bien des souffrances. Mohanä laissa glisser sa main le long des cicatrices et un frisson parcouru l’échine de Lowen. Il y en avait tellement que par endroit la peau lisse n’existait même plus. Il tourna légèrement la tête, le menton près de l’épaule, une lueur étrange au fond des yeux. Elle croisa son regard et recula aussitôt les doigts. Imbécile ! Se morigéna-t-elle.

– Tu devrais aller de baigner avant que la nuit ne nous rattrape. Je vais t’attendre sur la berge.

Le ton de sa voix était suffisamment impérieux, malgré sa douceur apparente, pour ne souffrir d’aucune objection. Elle s’approcha alors de la rive et regarda par-dessus son épaule pour voir s’il lui laissait un peu d’intimité. Leurs iris se croisèrent. Le regard de Lowen se fit songeur, et sans que Mohanä sache pourquoi, elle rougit. Il la fixa encore un instant, intrigué, avant de se lever et de se retourner. Elle se pressa de se dévêtir et de rejoindre l’étendue liquide et glacée. Elle inspira profondément et plongea pour observer tranquillement la faune.

L’eau cristalline lui permit de distinguer les petits poissons qui se faufilaient habilement entre les algues, et les minuscules crevettes qui couraient, pressées comme n’importe quelle crevette, sur les galets au fond du lit.

Soudain un grand plouf perturba la sérénité de l’étang. Mohanä remonta à la surface pour voir ce qui se passait, émergea, et se retrouva nez à nez avec Lowen. Une exclamation de surprise lui échappa alors même qu’elle portait la main à son cœur qui avait eut un raté, affolé.

– Tu vas bien ?

Demanda-t-il d’une voix paniquée, posant sa large main sur sa joue.

– Oui, je… je faisais juste un peu d’apnée Lowen.

– Tu m’as fait peur, j’ai cru que tu t’étais noyée.

Il pressa un peu plus la joue de Mohanä, caressant sa pommette du pouce comme pour se rassurer et s’assurer qu’effectivement elle allait bien, leurs prunelles s’accrochèrent.


© Claytone Carpe 2018

Je détalais avec frénésie sous les frondaisons pour échapper à mon assaillant. Les branchages des buissons fouettaient ma fourrure sans m’écorcher la peau. J’avais le pelage dru, nous étions au plein cœur de l’hiver, le jour de Noël. Je haletais maintenant, il courait vite mais moi aussi. Je glapis en entendant le prédateur se rapprocher dangereusement et bondis en souplesse par-dessus l’obstacle qui venait d’apparaître devant moi, un tronc coucher couvert de neige glacée, entravait la sente de cariacou que j’avais emprunté pour lui échapper.

 

L’instant suivant, je déboulais la pente neigeuse. Il m’avait rattrapé et nous faisions un roulé bouler chaotique. Il grogna, je glapis et nous arrivâmes au pied de l’escarpement, couvert de poudreuse, la pointe des poils raidis par le froid. Une fois en bas, il se jeta sur moi. J’aboyai et tentai une nouvelle esquive ratée. Il encercla mon corps de ses formidables pattes à l’épais pelage, une prison aux barreaux de fourrure, puis sans prévenir me mordit la peau du cou à la façon des amants. Je jappai. Il desserra son étreinte et commença à me lécher le museau en couinant comme un jeune chiot. N’y tenant plus, je recouvris ma forme humaine et me retrouvai nue, frigorifiée sur la neige gelée, pour seule couverture la masse terrifiante de mon compagnon sous sa forme de loup-garou.

– Adam ! Arrête, c’est dégoûtant.

M’écriai-je tout en riant sous sa langue rappeuse et joueuse.


Je me faufilai par la porte de derrière, porte qui, comme toutes celles de la grande demeure, était ornée d’une immense couronne de fête, constituée d’un entrelacs de branches de sapin, de houx et de gui, le tout surmonté de jolis nœuds rouges, de pommes de pins et de poinsettias en toile de jute. C’était Jesse, la fille d’Adam, et son amie Izzy, qui s’étaient lancées avec entrain dans la conception de ces décorations colorées.

J’enfilai sur mon corps nu le t-shirt que je venais d’extraire du panier à linge sale, dans la buanderie, le temps de rejoindre notre chambre, pour ne pas avoir à expliquer à tous ceux susceptibles de croiser mon chemin, la maison d’Adam étant le club-house de sa meute, pourquoi je me baladais à poil dans les couloirs, sachant en sus que les invités allaient de ce pas débarquer et que je n’étais toujours pas habillée.


J’avais fait un gros effort vestimentaire pour l’occasion, une robe noire près du corps soulignait délicatement ma silhouette musclée. Je n’étais pas, contrairement à Adam, une figure de beauté, mais mon teint hâlé et métissé adoucissait mes traits et ma musculature compensait une allure ordinaire. J’avais pris soin de couper ras mes ongles et réussi à enlever presque tout le cambouis de mes doigts de garagiste.

Je venais de m’attacher les cheveux en une simple queue de cheval lorsque Adam arriva derrière moi, un verre de champagne à la main, dans un complet en lin anthracite taillé avec soin et soulignant avec élégance sa carrure sculptée. Il tira sur le nœud qui retenait mes cheveux et les ébouriffa avec une tendresse qui me fit retenir ma langue, peu amène sur l’instant. Mon compagnon était l’homme le plus beau que j’eusse jamais croisé et le plus merveilleux qui soit, si tant est qu’un loup-garou puisse être considéré comme merveilleux. Il me tendit la coupe remplie de bulles, posa sur ma tête un bonnet de père Noël, ou de mère Noël, au choix, avec un regard espiègle et s’empressa de déposer un rapide baiser sur mes lèvres pour étouffer mes protestations.

N’étant pas en reste dès qu’il s’agissait de m’amuser, je récupérai le serre-tête que j’avais laissé sur la table, près de moi, et le posai sur les cheveux coupés courts d’Adam, qui se retrouva avec des bois de rennes en polaire sur la tête.

– Mercy…

Gronda-t-il de sa voix grave et suave, me procurant un frisson exquis le long du dos. Les prunelles pétillantes de malices, je lui lançai un regard prometteur qu’il accueillit d’un sourire ravageur.

Une connivence brûlante au fond des yeux, nous trinquâmes. Nos coupes de champagnes s’entrechoquèrent, caressant amoureusement nos oreilles d’une douce et cristalline mélodie.


© Claytone Carpe 2017

Quand le coyote sert de dessert au loup-garou.

Voici ma participation à un petit concours amical sur un forum littéraire où il fallait mettre en situation l’un de ses personnages préféré dans un environnement Noëlesque. Pour ma part j’ai emprunté Mercy Thompson à Patricia Briggs pour lui offrir un jour de Noël sympathique.

Pour ceux qui ne connaissent pas, voici une petite présentation succinct de l’héroïne :

Mercy Thompson est une femme simple, garagiste de profession, coyote de nature et d’un naturel facile à vivre, même s’il vaut mieux éviter de lui marcher sur les pieds. Au premier regard elle paraît effacée, banale, sans attrait particulier avec un caractère trop conciliant. Notre coyote correspond tout à fait à l’expression : « Ne pas se fier aux apparences ». Le tempérament de la change-forme est sans prise de tête. Elle est distrayante, solide et à la tête sur les épaules. Elle aime les réparties malicieuses, possède un esprit affûté et est d’une nature un tantinet rebelle. J’aime ce côté femme indépendante qui s’assume coûte que coûte. Elle est forte, n’a besoin de personne, mais n’est pas grande gueule ou présomptueuse pour autant. Et il arrive parfois qu’un petit coup de pouce extérieur lui soit bénéfique et nécessaire. Elle déteste l’autorité en général et celle de meute en particulier. Prenez un homme de nature dominante, faite en un loup-garou et il déborde de testostérone, et si, en sus, il est chef de meute… Eh bien notre Mercy en fera un gentil petit toutou. Bon là j’exagère un chouia (un grand chouia même ^ ^). En fait notre coyote n’est pas autoritaire du tout, ce qui se conçoit aisément, comme elle déteste le collier, elle trouve tout à fait normal de ne pas se montrer dominante avec les autres. Un point de vue qu’elle a bien du mal à partager.

Les histoires de Mercy allient vie quotidienne et évènements catastrophiques avec un certain charme et une note d’humour parfois mordant. Nous suivons les péripéties de la change-forme, c’est elle qui narre l’histoire, avec moult détails sur son petit monde, sur les personnes qui l’entourent et qui forment sa famille ou ses amis. Cela donne à la trame une consistance qui se veut familière et réconfortante malgré les incidents, parfois forts fâcheux, qui ne manquent jamais de lui arriver. Nous avons donc son opinion personnelle sur nombre de sujets et si certains d’entre eux se veulent moins intéressants que d’autres, cette petite touche personnel nous permet d’appréhender le personnage d’une manière plus intime. Le seul petit couac, en ce qui me concerne, touche à certaines croyances, mais c’est bien là le seul hic qui me chagrine la concernant.

Son esprit aiguisé et rusé permet souvent des dénouements originaux sans pour autant qu’ils soient explosifs ou pétaradants. Et son caractère impudent envers les loups-garous, donne souvent des situations mémorables et drôles. Pour le reste, eh bien je ne peux pas trop en rajouter sans spoiler, donc je dirais juste ceci, j’aime beaucoup le caractère des hommes qui l’entourent, surtout le chef de meute des Tri-Cities, Adam Hauptman. Hummm… ♥ ♥ ♥

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Painting by DSillustration

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Le campement des mercenaires, enclavé entre deux parois rocheuses impraticables et fort peu commodes pour une fuite précipitée, n’avait pour seule issue convenable, la forêt. Ces soudards faisaient partie du groupe qui l’avait attrapé, maltraité et poursuivit le jour où Mohanä avait enfin réussit à échapper à leurs griffes. C’était Lowen, l’archer, qui l’avait sauvé et lorsqu’il l’avait informé qu’il avait un compte à régler avec eux, elle s’était proposé pour faire diversion et être de nouveau leur proie le temps qu’il se mette à l’abri après avoir effectué son larcin. Après tout, personne ne courait plus vite qu’une euchore.

Pour les attirer à elle, plutôt qu’il ne soit tenté de suivre Lowen et son butin, elle avait commencé sa fuite sous forme humaine, frêle et exotique, qu’ils avaient de suite reconnue et sitôt pris en chasse. Elle était petite, blonde aux yeux azur et d’aspect inoffensif, pour ne pas dire fragile, il était donc aisé de deviner qu’ils préféreraient la suivre elle plutôt que Lowen, ce grand brun, larges épaules, au regard mauvais, à la mâchoire carrée et qui maniait l’arc comme personne.


Maintenant qu’ils étaient tous sur ses traces, elle filait pour leur échapper. Sous sa forme d’antilope, la métamorphe galopait comme une furie, bondissant par-dessus les buissons, faisant d’habiles et rapides pas de côté pour éviter les branches basses, se baissant souplement pour sauter très haut la seconde suivant. Le paysage défilait à une telle allure, plein d’obstacles, qu’elle était totalement absorbée sur sa fuite et les embûches qui se présentaient à chaque instant. À la vitesse où elle allait, elle se briserait la nuque au moindre choc, elle le savait, mais l’adrénaline avait prit le dessus sur la raison et la peur de retomber entre leurs mains lui donnait des ailes. Cependant les euchores n’étaient pas conçus pour courir en pleine forêt, mais dans des plaines dégagées, ouvertes au ciel et au sol dur et solide et non moelleux et fangeux comme celui de la sylve.

Elle était épuisée. Si elle ne ralentissait pas, elle allait chuter. Elle tenta de se calmer, les oreilles tournées vers l’arrière dans l’espoir de capter quelque chose, mais le vent sifflait trop fort pour qu’elle puisse savoir si elle était encore suivit. Elle se força à ralentir, mais sans cesser d’avancer. Ses pattes la faisaient souffrir d’avoir trop forcé et elle était persuadée qu’elles céderaient si elle s’arrêterait. Elle continua donc de trottiner souplement à une vitesse plus mesurée, tournant la tête et ses longues oreilles à la recherche de bruits susceptibles de l’informer de l’avancée de ses poursuivants. Il était peu probable qu’ils aient réussi à la suivre jusqu’ici, à moins de connaître parfaitement le terrain, contrairement à elle, et d’avoir deviné dans quelle direction elle s’était engagée. Sa fuite l’avait mené près de la montagne aux flancs rocheux, accessible seulement par les caprins les plus téméraires. C’était un endroit qui risquait de la piéger si elle n’y prenait garde.

Un sifflement tout près de son oreille lui apprit qu’une flèche venait d’être tirée dans sa direction. Roulant des yeux terrifiés, elle se remit aussitôt à détaler, si proche de l’escarpement rocheux que son pelage trempé de sueur frottait dangereusement contre la pierre rugueuse et acérée. La roche commençait à s’avancer devant elle, lui bloquant toute retraite. Soit elle faisait demi-tour et tentait une percée dans leur ligne, pour rebrousser chemin à travers l’ennemi, soit elle tentait le tout pour le tout en bondissant par-dessus ce monticule rocheux qui se rapprochait à une vitesse faramineuse.

Elle s’écarta de la falaise aussi loin qu’elle le put et se dirigea de nouveau vers elle en accélérant encore sa vitesse. Dès qu’elle fut à la bonne distance elle bondit dans les airs, comme seul les euchores savaient le faire, prit appui sur la roche et poussa de toutes ses forces sur ses pattes musclées pour prendre de l’élan tout en déviant sa trajectoire et se propulser par-dessus l’énorme rocher qui lui barrait le passage.

Ses sabots frôlèrent la pierre, mais elle réussit à se réceptionner de l’autre côté, sinon d’une manière gracieuse, dû à l’affaiblissement, du moins sans se briser les os. Elle les avait semés. Enfin ! Elle repartit d’un pas traînant rejoindre l’archer au point de rendez-vous.


Dès que Mohanä vit Lowen, assit sur un tronc d’arbre couvert de mousse, tout près du feu qu’il venait d’allumer et le visage fermé par l’inquiétude, elle s’affala au sol, incapable de faire un pas de plus. Son pelage était trempé par la sueur et ses pattes flageolaient d’épuisement.

Il la rejoignit en hâte, la souleva précautionneusement et la déposa près du feu, où elle reprit forme humaine. Il couvrit son corps nu d’une épaisse couverture, puis souleva doucement son visage pour y placer un autre tissu, caressant au passage sa joue moite où était resté collé une mèche de cheveux humide.

 

© Claytone Carpe 2017

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:iconcipriandesign:
cipriandesign Featured By Owner 2 days ago  Student Digital Artist
Beau literature
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:iconplaci1:
Placi1 Featured By Owner Edited 6 days ago
Many thanks for the llama!
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:iconchachah:
chachah Featured By Owner Feb 13, 2018  Hobbyist General Artist
Merci pour le Llama :iconflowerthnxplz:
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:iconlorn6:
Lorn6 Featured By Owner Feb 12, 2018
:bulletblack::bulletyellow::bulletred:...:iconthanksllamaplz:.....Vous avez aussi un lama de plus et je vous en souhaite beaucoup d'autres !
Quel plaisir de lire du texte en français sur dA, merci !..:thumbsup:...:handshake:...
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:iconov3:
ov3 Featured By Owner Feb 12, 2018  Hobbyist Photographer
:wave:

Merci pour le lama :) 

En voici un en retour.
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